La nuit est arrivée sans bruit, laissant planer le doute dans son esprit. Pas besoin d'observer, elle le sent. Comme si, c'était normal. Comme si cela devait arriver. Elle a quitté les lieux extrêmement tard, se doutant de sa fatigue, et de son état général. Qu'importe. Il est deux heures, et elle s'engouffre dans les rues aspirées par le néant qu'elle redoute. Le vent lui rappelle qu'elle ne porte qu'une fine jupe brodée. Qu'il est tard, et que ses angoisses ne feront que commencer. Départ en première, descend le trottoir et passe la deuxième hâtive. Elle sort du village, enclenche la troisième et dépasse le seuil de limitation. 80. Seule, perdue sur ses kilomètres d'asphalte, elle se sent faiblir. C'est la gorge nouée qu'elle essaye de penser à autre chose, que cet univers morbide qui l'entoure. La pluie s'écrase sur le pare-brise, telles les larmes qui menacent de ruisseler sur ses joues. 110. Un coup d'oeil dans le rétro, et la vérité lui revient. Elle est sur une route seule, en plein milieu de la nuit, luttant contre la tempête qui s'elève depuis plus de deux heures. Les éclairs déchirent le ciel. Et tant bien que mal, elle reste concentrée sur ses deux mains fébriles, mettant sa vie en équilibre. Les crépitements incessants lui donnent envie de vomir. 140. L'autoradio au maximum, camouflant l'enfer extérieur, elle longe les lignes blanches, tentant de vider son esprit. Les jets de lumières blancs viennent l'éblouir, pendant que le grondement de cette catastrophe lui parvient. Elle tente de refouler les souvenirs qui remontent inlassablement. Plus que quelques kilomètres la séparent de l'endroit ou elle se sentira enfin en sécurité. 160. Les routes, si étroites en cette situation, sont gorgées d'eaux. Les branches jonchent le sol. C'est dangereux, et elle le sait. Mais qu'importe. Elle* prendra toujours le dessus. Qu'elle soit seule ou non, elle* saura s'imposer. Un dernier virage et la voilà arrivée.
Sauf exeptions.
Sauf anomalies.
Sauf particularités.
Sauf ... contre-temps ?
Les multiples camions de secours girophares allumés. Les ambulanciers du samu ruisselants. Les sapeurs-pompiers, inquiets. Devant chez elle. Cette nuit. Elle, avec elle*
Oui elle a peur. Et ce n'est vraiment pas le moment d'en rire.
La phobie* désigne un ensemble de souffrances psychiques qui se présentent de manière différentes selon les individus. C'est une peur qui peut être justifiée ou non, souvent accompagnée d'angoisses, que certains individus éprouvent dans certaines circonstances. Trop souvent ignorées, elles ne sont pourtant pas à prendre à la legère.